IA Search & parcours client : comment les marques doivent se préparer à être recommandées par l’intelligence artificielle

IA Search & parcours client : comment les marques doivent se préparer à être recommandées par l’intelligence artificielle

Pendant plus de vingt ans, la visibilité digitale des marques s’est construite autour d’un réflexe simple : être bien positionné sur Google. Être trouvé signifiait apparaître dans les premiers résultats de recherche, générer du trafic, capter des clics, puis convertir.

Mais ce modèle est en train de changer profondément. Aujourd’hui, les utilisateurs ne cherchent plus seulement des liens. Ils posent des questions complètes à ChatGPT, Gemini, Perplexity ou Copilot. Ils demandent une recommandation, une comparaison, un avis, une synthèse ou une décision. L’intelligence artificielle ne se contente plus d’afficher des résultats : elle filtre, interprète, reformule et recommande.

Pour les marques, l’enjeu devient clair : ne plus seulement être visibles sur les moteurs de recherche, mais être comprises, citées et recommandées par les moteurs de réponse IA.

De la recherche à la réponse : ChatGPT devient-il le nouveau “Google” IA ?

Le comportement de recherche évolue à grande vitesse. Une requête traditionnelle sur Google contient en moyenne 4 mots, tandis qu’une question posée sur ChatGPT ou Perplexity atteint en moyenne 23 mots. Cela traduit un changement majeur : l’utilisateur ne formule plus un mot-clé, il exprime une intention complète.

Cette évolution s’accompagne d’une adoption extrêmement rapide des assistants IA. ChatGPT a atteint un seuil massif d’usage environ deux fois plus rapidement que Google : le seuil de 2,5 milliards de requêtes par jour aurait été atteint en 3 ans pour ChatGPT, contre 6 ans pour Google. Entre 2025 et 2026, les requêtes via ChatGPT enregistreraient une progression de +487 %, tandis que Google connaîtrait une baisse de -13 % sur certains usages de recherche.

Autre signal fort : le volume de recherche traditionnel sur Google serait déjà impacté, avec une baisse estimée à -25 % sur certains périmètres. Ce n’est pas la disparition de Google, mais la fragmentation du réflexe de recherche : l’utilisateur compare désormais entre moteur de recherche, moteur de réponse, réseau social, marketplace, chatbot, avis clients et assistant IA.

Les assistants IA s’intègrent dans tous les points de contact du parcours client

L’IA ne se limite plus à un chatbot placé sur un site web. Elle s’insère progressivement dans toutes les étapes du parcours client :

  • Avant l’achat, l’utilisateur demande à l’IA de comparer des marques, de résumer des offres, d’identifier les meilleures solutions ou de recommander un prestataire.
  • Pendant la phase de considération, l’IA analyse les avis, les contenus, les pages web, les études de cas, les publications LinkedIn, les articles experts, les fiches produits et les sources tierces.
  • Au moment de la décision, l’IA peut influencer directement le choix final en recommandant une marque, une solution ou un fournisseur.
  • Après l’achat, l’IA intervient dans le support client, l’assistance personnalisée, les recommandations complémentaires, la fidélisation et l’automatisation de la relation client.

Le parcours client devient donc plus fragmenté, plus conversationnel et plus assisté. Les marques ne parlent plus uniquement à des internautes : elles doivent aussi parler aux IA qui influencent ces internautes.

Les clics disparaissent, les réponses prennent le relais

Le changement le plus critique concerne la baisse progressive du clic. À l’échelle mondiale, environ 66 % des recherches Google se terminent sans aucun clic vers un site web. Lorsque Google affiche un AI Overview, le taux de clic peut diminuer jusqu’à -58 %. L’utilisateur obtient directement sa réponse dans l’interface, sans visiter les sites sources.

En Tunisie, l’analyse d’un échantillon d’environ 20 millions de visites sur des sites web tunisiens, entre janvier et avril 2026, révèle une baisse de trafic de -46 % par rapport à la même période de l’année précédente, dont une baisse de -50 % du trafic issu de l’Organic Search.

Ce phénomène transforme la logique marketing : le trafic reste important, mais il ne suffit plus. Une marque peut être influente sans recevoir systématiquement le clic, à condition d’être citée, résumée ou recommandée par l’IA.

ChatGPT domine aujourd’hui le marché des assistants IA

À l’échelle mondiale et selon la tendance présentée par la plateforme Statcounter pour la période mars - mai 2026, ChatGPT reste l’assistant IA dominant, avec une part de marché estimée à 76,92 %, devant Gemini à 8,99 %, Perplexity à 7,7 %, Microsoft Copilot à 3,74 % et Claude à 2,64 %.

En Tunisie, la tendance est similaire, mais avec une présence plus forte de Gemini. Les perspectives indiquent que ChatGPT et Gemini pourraient conserver ensemble près de 80 % du marché d’ici fin 2027 selon le National Bureau of Economic Research, NBER.

Pour les marques, cela signifie que l’optimisation de la visibilité IA doit prioriser les environnements les plus utilisés, tout en gardant une présence cohérente sur les autres assistants.

Pourquoi les marques doivent s’adapter maintenant

Les chiffres liés au comportement d’achat sont particulièrement révélateurs. 68 % des acheteurs en ligne seraient plus susceptibles d’acheter un produit ou un service s’il est recommandé par une IA. De plus, 53 % des consommateurs estiment que l’IA les aide à prendre de meilleures décisions d’achat.

Cela signifie que l’IA ne joue plus seulement un rôle informationnel. Elle devient un acteur d’influence dans la décision.

  • Si une marque n’est pas comprise par l’IA, elle risque de ne pas être mentionnée.
  • Si elle n’est pas citée, elle risque de ne pas être considérée.
  • Si elle n’est pas recommandée, elle risque de sortir du parcours de décision.

La visibilité ne dépend donc plus uniquement du classement Google. Elle dépend aussi de la capacité de la marque à devenir une source fiable, structurée, actualisée et crédible pour les moteurs de réponse IA.

Cette évolution rejoint directement l’approche de MEDIANET autour de la transformation digitale 360°, combinant technologies, stratégie digitale, communication, data analytics, expérience utilisateur et innovation. MEDIANET se positionne déjà comme un groupe articulé autour de plusieurs domaines de compétences : solutions technologiques, stratégie digitale, communication 360°, data analytics, transformation digitale et accompagnement de l’innovation.

SEO, AEO, GEO : du moteur de recherche au moteur de réponse

Le référencement évolue en trois grandes logiques complémentaires.

  • SEO — Search Engine Optimization : être trouvé. Google affiche des liens et classe les pages dans les résultats de recherche.
  • AEO — Answer Engine Optimization : être la réponse. L’IA ou le moteur formule une réponse directe à partir de contenus fiables et structurés.
  • GEO — Generative Engine Optimization : être recommandé. L’IA recommande une marque, une solution ou une source dans un contexte de décision.

Le SEO reste essentiel pour structurer la visibilité web. L’AEO vise à faire émerger la marque dans les réponses directes. Le GEO va plus loin : il cherche à influencer les moteurs génératifs afin qu’ils comprennent, citent et recommandent la marque dans des contextes de décision.

En d’autres termes : le SEO cherche le trafic, l’AEO cherche la crédibilité, le GEO cherche l’influence.

SEO vs GEO : ce qui change concrètement

Le passage du SEO traditionnel au GEO transforme la manière dont les contenus sont découverts, interprétés et recommandés par les systèmes IA.

  • Type de requête : le SEO repose principalement sur des mots-clés, tandis que le GEO s’appuie sur des requêtes conversationnelles et des prompts détaillés.
  • Logique de traitement : le SEO fonctionne selon une logique Query → Index → Ranking, alors que l’AI Search repose davantage sur une logique Query → Retrieval → Génération.
  • Résultat : le SEO affiche des pages web classées dans une SERP, tandis que le GEO produit une réponse directe générée à partir de plusieurs sources.
  • Compétition : en SEO, les pages rivalisent pour le ranking ; en GEO, les sources sont sélectionnées au niveau du retrieval.
  • Métriques : le SEO mesure le CTR, le trafic et les impressions ; le GEO mesure les mentions, les citations, la présence dans les réponses et l’influence.
  • Optimisation : le SEO cible les crawlers comme Googlebot, tandis que le GEO cible les LLMs et les systèmes de retrieval.
  • Ciblage : le SEO repose sur le matching lexical ; le GEO valorise le matching sémantique et contextuel.
  • Autorité : le SEO s’appuie fortement sur les backlinks ; le GEO valorise les signaux de confiance, les citations, les contenus tiers, les avis et l’UGC.

La question n’est donc plus uniquement : “Comment être premier sur Google ?” Elle devient : “Comment devenir la source que l’IA choisit lorsqu’elle formule une réponse ?”

Les 5 fondamentaux pour être recommandé par l’IA

Pour être comprise, citée et recommandée par les assistants IA, une marque doit renforcer la qualité, la structure et la crédibilité de son écosystème de contenus.

1. Produire un contenu expert et original

Les IA privilégient les contenus qui apportent une vraie valeur : analyses, comparatifs, guides, retours d’expérience, études de cas, données chiffrées, contenus sectoriels et points de vue experts.

Une marque doit donc dépasser le contenu promotionnel classique. Elle doit publier des contenus qui démontrent son expertise et répondent aux vraies questions des utilisateurs.

2. Structurer l’information

Les contenus doivent être faciles à comprendre, à extraire et à réutiliser par les moteurs IA. Cela implique des titres clairs, des réponses directes, des FAQ, des tableaux comparatifs, des données structurées, des pages bien organisées et une hiérarchie logique de l’information.

Plus une information est structurée, plus elle a de chances d’être comprise et reprise dans une réponse IA.

3. Renforcer l’autorité de la marque

L’IA ne s’appuie pas uniquement sur le site officiel d’une marque. Elle croise plusieurs sources : médias, avis clients, réseaux sociaux, plateformes spécialisées, forums, annuaires, études, articles d’experts et contenus tiers.

La marque doit donc renforcer son autorité au-delà de son propre site web, en développant une présence crédible dans son écosystème digital.

4. Multiplier les points de présence

Être visible sur un seul canal ne suffit plus. Une marque doit être présente sur son site web, ses réseaux sociaux, les médias, les plateformes sectorielles, les contenus vidéo, les newsletters, les bases de connaissances, les plateformes d’avis et les contenus générés par les utilisateurs.

Plus les signaux sont cohérents et répartis sur plusieurs points de contact, plus l’IA peut identifier la marque comme une référence fiable.

5. Actualiser régulièrement son contenu

Les moteurs IA valorisent les informations récentes, fiables et cohérentes. Une page obsolète, une offre non mise à jour ou des données anciennes peuvent réduire la crédibilité d’une marque.

La mise à jour régulière des contenus devient donc un levier stratégique : actualisation des pages services, publication d’articles, mise à jour des FAQ, enrichissement des cas clients et création de contenus liés aux nouvelles questions du marché.

Ce que les marques doivent faire dès maintenant

Les marques doivent commencer par auditer leur visibilité IA : que répond ChatGPT, Gemini ou Perplexity lorsqu’on leur demande de recommander des acteurs dans leur secteur ? La marque est-elle citée ? Est-elle bien décrite ? Ses offres sont-elles comprises ? Ses concurrents sont-ils mieux positionnés dans les réponses IA ?

Ensuite, elles doivent construire une stratégie de contenu orientée réponses : pages expertes, FAQ, glossaires, comparatifs, guides pratiques, contenus sectoriels, cas clients et preuves d’expertise.

Enfin, elles doivent intégrer la mesure GEO dans leurs indicateurs marketing : nombre de mentions IA, qualité des citations, présence dans les recommandations, visibilité sur les prompts stratégiques, cohérence des informations reprises par les assistants IA.

Demain, la marque la plus visible sera celle que l’IA comprend le mieux

L’IA transforme la relation entre les marques et leurs clients. Elle s’interpose dans le parcours, influence les choix, synthétise les options et recommande les solutions.

Dans ce nouvel environnement, les marques ne peuvent plus se contenter d’optimiser leur présence pour les moteurs de recherche classiques. Elles doivent devenir des sources fiables pour les moteurs de réponse.

Le futur de la visibilité digitale ne sera pas seulement une bataille de positions sur Google. Ce sera une bataille de crédibilité, de structuration, d’autorité et de recommandation par l’IA.

Pour accompagner cette transition, MEDIANET propose une approche dédiée à la visibilité IA et à l’AI Search

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