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Actualités / #News / 10 Juillet 2026
L’intelligence artificielle est déjà présente dans la banque. En juin 2026, la Banque centrale européenne indiquait que plus de 85 % des banques placées sous sa supervision utilisaient l’IA. En Afrique, GITEX Africa estime que le continent concentre près de 50 % des utilisateurs mondiaux du mobile money, tandis que les revenus de la fintech africaine pourraient passer de 30 milliards de dollars en 2025 à 65 milliards en 2030.
Ces chiffres montrent que les fondations sont déjà en place : usages mobiles massifs, données transactionnelles croissantes et digitalisation des parcours bancaires.
La prochaine étape ne sera cependant pas un chatbot supplémentaire. Elle sera celle de l’IA agentique : des systèmes capables d’exécuter plusieurs actions coordonnées dans un processus bancaire, avec des droits définis et une supervision humaine.
À l’horizon 2027, l’enjeu pour les banques africaines sera moins de multiplier les expérimentations que de transformer quelques cas d’usage en services fiables, mesurables et sécurisés.
Un chatbot répond à une question. Un agent IA poursuit un objectif.
Dans le cadre d’une demande de crédit, un chatbot peut expliquer les conditions d’éligibilité. Un agent peut, selon les autorisations accordées :
La décision finale peut rester entre les mains du banquier. L’agent automatise la recherche, la vérification et la préparation du dossier, mais les décisions sensibles demeurent soumises à validation.
La Banque des règlements internationaux rappelle d’ailleurs que l’IA et la finance digitale peuvent améliorer l’efficacité, réduire les coûts et favoriser l’intégration des marchés financiers, tout en créant de nouvelles formes de risques pour les institutions et les superviseurs.
Les annonces réalisées en 2026 montrent que les agents commencent à être intégrés dans les processus métiers, et non plus uniquement dans les interfaces conversationnelles.
Le 4 mai 2026, FIS a annoncé avec Anthropic le développement d’un agent consacré à la lutte contre les crimes financiers.
Le système doit rassembler les informations nécessaires à l’analyse d’une alerte, les comparer aux scénarios de risque et présenter les dossiers prioritaires aux enquêteurs.
FIS affirme que l’objectif est de ramener certaines investigations, qui prennent actuellement plusieurs heures ou plusieurs jours, à quelques minutes. Il s’agit d’une performance visée par le fournisseur, et non encore d’un résultat généralisé à tout le secteur bancaire.
L’enseignement est néanmoins important : la première valeur d’un agent IA ne réside pas forcément dans une décision autonome. Elle peut résider dans sa capacité à rechercher, réunir et documenter beaucoup plus rapidement les informations nécessaires à la décision humaine.
Le 14 mai 2026, Fiserv a lancé agentOS, une plateforme destinée à déployer, gérer et gouverner des agents IA dans les opérations bancaires.
Cette évolution traduit un changement de maturité. Les institutions ne cherchent plus seulement à développer un agent pour chaque besoin. Elles doivent désormais administrer les identités des agents, leurs droits d’accès, leurs échanges, les actions autorisées et les validations humaines.
Oracle a lancé en février 2026 une plateforme agentique pour la banque de détail, puis l’a étendue en avril à la banque corporate.
Les cas annoncés couvrent notamment le crédit, les prêts aux entreprises, la trésorerie et le trade finance. Oracle positionne la supervision humaine comme un élément central de son architecture agentique.
Ces exemples restent des annonces de fournisseurs. Ils montrent toutefois que le marché évolue vers une IA intégrée directement aux opérations bancaires.
Plus un agent peut agir, plus la banque doit contrôler précisément son périmètre.
Chaque agent devrait disposer :
La Banque centrale européenne souligne que l’IA peut améliorer la gestion des risques et la sécurité informatique, mais qu’elle renforce aussi les capacités disponibles pour les acteurs malveillants.
La Banque des règlements internationaux insiste également sur la qualité et la gouvernance des données. Lorsqu’un système d’IA intervient dans des activités financières centrales, les institutions doivent pouvoir démontrer quelles données ont été utilisées, comment elles ont été contrôlées et quelles règles ont encadré leur exploitation.
Dans une banque, un agent ne doit donc pas être considéré comme un simple logiciel. Il doit être traité comme une identité numérique gouvernée, auditée et surveillée.
L’Afrique dispose d’un contexte particulier pour développer la banque agentique.
Selon GSMA, 1 432 milliards de dollars ont transité par le mobile money en Afrique en 2025. Les revenus de la fintech africaine pourraient, selon les données de cadrage de GITEX Africa, plus que doubler pour atteindre 65 milliards de dollars en 2030.
Ces estimations proviennent de l’organisateur de GITEX Africa et doivent être considérées comme des projections de marché. Elles confirment néanmoins plusieurs tendances :
Les banques africaines ne sont donc pas obligées de reproduire toutes les architectures lourdes des marchés plus anciens. Elles peuvent intégrer progressivement des agents spécialisés au-dessus de leurs plateformes existantes, à condition de préserver la sécurité, l’interopérabilité et la souveraineté des données.
Cinq domaines présentent un potentiel concret.
Un agent peut vérifier la présence des justificatifs, extraire les informations et transférer les dossiers atypiques à un contrôleur.
Il peut réunir les données autorisées, vérifier les règles d’éligibilité et préparer une recommandation explicable.
Il peut enrichir les alertes, rapprocher plusieurs opérations et constituer un dossier documenté pour l’enquêteur.
Il peut consulter l’historique, vérifier le statut d’une transaction et préparer une réponse ou une action autorisée.
Il peut détecter une tension de trésorerie, simuler plusieurs scénarios et proposer une alerte adaptée au client.
Le succès ne doit pas être mesuré par le nombre d’agents lancés, mais par leur effet sur les opérations.
Les banques peuvent suivre :
Un agent qui impressionne durant une démonstration, mais qui ne réduit ni les délais, ni les coûts, ni les erreurs, ne constitue pas encore un cas d’usage industrialisable.
Le premier cas doit présenter un volume suffisant, des données accessibles, un coût mesurable et un niveau de risque maîtrisable.
L’agent prépare le dossier ou recommande une action. Le collaborateur conserve la validation jusqu’à ce que la fiabilité soit démontrée.
Les identités, les droits d’accès, les traces d’audit et les règles d’escalade doivent être définis avant de connecter plusieurs agents.
La banque agentique ne remplace pas la transformation digitale. Elle en représente la prochaine étape.
Une application mobile permet au client d’accéder à la banque. Un système agentique permet d’accélérer et de coordonner les opérations situées derrière cette interface.
Pour MEDIANET, cette évolution s’inscrit dans la continuité de ses expertises en digital banking, e-KYC, mobile banking, BPM, intégration, data et plateformes sectorielles. L’objectif est désormais d’enrichir ces environnements par des agents spécialisés, gouvernés et progressivement intégrés aux processus métiers.
À l’horizon 2027, la question ne sera plus : « Devons-nous adopter l’IA ? »
Elle sera : « Quel premier processus pouvons-nous améliorer de manière mesurable, sans compromettre la confiance ? »
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